Pratiquement 1 année après l’Otillo, nous voilà de retour !
Nous sortons à nouveau le bleu de chauffe pour une épreuve certes moins longue mais d’un niveau technique à ne surtout pas négliger, l’Engadin SwimRun, l’épreuve Européenne qualificative pour Otillo.
Le gros bémol, notre niveau d’entrainement, qui a été singulièrement revu à la baisse depuis Septembre dernier. Difficile en effet d’avoir une constance dans le sport tout en restant efficace et productif dans sa vie professionnelle. Car oui, jusqu’à preuve du contraire, nous avons un travail !
Fort de ce constat, nous decidons de nous aligner au préalable sur le SwimRun Côte Vermeille qui a eu lieu deux semaines avant Engadin.
Après avoir fait Otillo, nous pensions pouvoir s’attaquer à n’importe quel SwimRun sans réserve, erreur ! Chaque course nécessite une préparation adéquate, et concernant celle de la côte Vermeille, il s’agit de préparer ses jambes à un parcours trail avec bcp de D+ !
Nous finissons cette course magnifique (que je recommande vivement) en 5ième position, mais en ayant grillé une quantité importante de fibres des mollets (payes tes courbatures !)
Juste le temps de faire quelques entrainements (deux..) à la base de Cergy, et nous voilà déjà en route pour la vallée de Silvaplana, au milieu des Alpes Suisses, dépaysant !
Cette année, la team Levallois SwimRun accueille un nouveau binôme, mixte cette fois, puisque Marion et Franck du club de Levallois Triathlon se joignent à nous. Ces derniers s’alignent sans aucune prétention, avec pour seul objectif de prendre du plaisir et des sensations (nous verrons par la suite que l’histoire de la course leur aura finalement donné bien plus que ce qu’ils sont allés chercher !)
Lors du brief, nous retrouvons d’autres « Exilés » de l’Otillo, avec qui nous partageons quelques souvenirs en commun de notre dernier périple. A cette occasion, certains habitués de l’épreuve nous font alors comprendre à quel point cette course n’est pas à prendre à la légère. C’est à ce moment que nous mesurons le nouveau challenge qui s’offre à nous, challenge d’autant plus élevé que notre niveau d’entrainement est faible cette année.
Reveil 5h45, une longue journée s’annonce. Sans vraiment parler d’objectif entre nous, nous avons quand même en tête un top 10, puisque avec ou sans entrainement, nous restons des compétiteurs avant tout !
Et cette fois, nous avons une arme secrette, de la mousse (frite de piscine) à l’intérieur des chaussettes de compression pour favoriser la flottaison et compenser le manque de bras de cette année !

Nous gardons en tête notre objectif principal, finir cette course sans bobos, pour changer !
Et nos récentes expériences du SwimRun nous laissent penser que, malgré toutes les optimisations techniques possibles, il se passe tjs qq chose avec ce sport, lorsque l’on conjugue trail, eau glacée, et effort de longue durée !
Au départ, nous décidons de nous placer dans le 2nd paquet derrière la tête de course, pour éviter l’enflammade sur un 1er bloc trail avec du deniv (400m), et l’on en profite pour discuter avec d’autres coureurs ayant reconnus les «exiles» de l’otillo 🙂
Après une première nat glaciale (8-10degrés), on décide de passer la seconde, et l’on se retrouve rapidement dans le top 15.
Thomas gambade telle une antilope, et Sylvain commence à se mettre dans le rouge pour tenir le rythme.
Un peu comme pour le Triathlon L de Vendôme, ça manque d’entraînement, tant pis, on verra plus tard si ça coince.
Et puis les paysages sont juste magnifiques, ça sent bon l’air pur de la montagne.

Oui sauf que l’attitude commence à se faire sentir sur les organismes (2000m-2500m), Sylvain respire aussi fort que les vaches suisses qu’il croise ! Et attention aux mouches, ou plutôt aux esseins de mouches en orbite autour de nos têtes chaudes et humides et qui nous accompagneront sur la durée des montées.
Malgré tout, le rythme est bon et nous rattraperons plusieurs équipes entre le 20km et 40km, notamment lors des transisions que nous réalisons sans aucun arrêt (les réflexes de l’Otillo ne nous ont pas abandonné !)
Passé la mi course, les choses se précisent avec deux bloc nat conséquents (1400m et 1200m) dans une eau tjs glacée (10-12 degrés).
A ce moment précis, nous sommes en 12ième position, avec comme objectif de rattraper rapidement les deux équipes que nous commencons à apercevoir à l’horizon.
L’objectif du Top10 devient une réalité !
Comme d’habitude Thomas est le poisson pilote de Sylvain.

Arrivé à la moitié de la nat, Thomas se retourne, Sylvain est en mode naufragé, tel un débutant qui apprend à nager.
En fait, Sylvain a payé le résultat d’une mauvaise alimentation par un choc hypothermique en plein milieu du bloc de nat.
Et Thomas l’attend immobile au beau milieu du lac, rien de mieux pour se frigorifier lui aussi !
Ça y est, l’histoire de L’OtillO se répète….
On sort, glaglaglagla, impossible d’aligner deux mots, l’organisation demande à Sylvain s’il a besoin d’aide, mais pas de réponse, Sylvain est dans son monde, une dimension parallèle.
Et puis, d’un coup d’un seul, il revient sur terre en la benissant d’un beau vomito qui décrit le dernier ravito dans un jet arc en ciel haute pression !
Le binôme est au plus mal, la gestion de course n’est plus maitrisée et la situation devient critique.
Thomas se demande comment ils vont réussir à gérer le second bloc nat tout aussi difficile ( =long et glacé) avec un nageur débutant en hypothermie allegé du dernier ravito…
Les bateaux de secours de l’orga se rapprochent de Thomas pour lui demander si son binôme a besoin d’aide, mais sans savoir que les exilés de la team Swimrun Levallois n’ont pas pour habitude d’abandonner en course !
Thomas regarde impuissant environ 6 équipes nous remonter (et partage alors la frustration que Sylvain avait ressenti durant l’otillo, et ouai, c’est ça l’esprit d’équipe)
Le reste du bloc nat se fera au mental pour Sylvain, qui voit leur l’objectif principal « faire la course sans encombre » s’éloigner. Décidément, un SwimRun est une épreuve toujours semée d’embûches !
La sortie de ces deux bloc nat est un véritable exutoire, surtout pour Sylvain, et le potage bouillant qui nous est proposé, une véritable potion magique, qui va sonner l’heure de la révolte !
A ce moment, nous sommes 20iemes et le coup de fatigue de Sylvain nous aura fait perdre 8 positions.
Sylvain reprend du poil de la bête, ce qui permet au binôme de remonter en partie les places perdues pdt la nat sur la fin de course. Et puis c’est officiel à présent, Thomas et Sylvain sont meilleurs coureurs que nageurs ! (effet du triathlon sur deux profils nageurs à la base)
Reste un dernier bloc nat (500m) que nous passons sans se poser de questions et puisque plus rien de nous arrête à présent. Et encore deux équipes rattrapées sur la transition !
Passé la ligne d’arrivée, nous sommes cuits par une course là encore bcp plus difficile que prévu.
Malgré tous ces déboires, nous sommes néanmoins fiers de notre 15ieme place, en ayant tenu les 2/3. de la course la team «men» qui se verra qualifiée pour l’otillo (donc avec de l’entrainement…)

Nous attendons le nouveau binome mixte de la team levallois swimrun, avec un Franck lui aussi bien marqué d’avoir tracté en nat sa binôme diminuée depuis leur première expérience SwimRun à Collioure.
Et dans les heures qui suivirent, notre fatigue laisse place à notre joie en apprenant que cette année encore, Levallois SwimRun sera représenté à l’otillo !
Marion et Franck ont bénéficier du mécanisme de « roll down » pour se voir être qualifiés à l’Otillo en réalisant le 8ieme temps des équipes mixtes.

Bonne chance à vous, on vous passe le relai, prenez en soin, et encore bravo !
Le statut de supporter nous ira bien, et nous commencons dès la fin de la course avec l’EDF en finale de l’Euro !

Et pour tous ceux qui souhaitent se mettre au SwimRun, allez y, mais gardez en tête qu’une course swimrun est tjs pleine de surprises…
Nous tenions à remercier nos supporters, les proches, les copains du club de Levallois et plus particulièrement Jacques et Rébecca, dont la présence et la proximité n’ont pas de prix pour ce type d’épreuve !
Levallois SwimRun team